C’est aux alentours de 10h, raconte Moussa Sawadogo, responsable de gare d’une compagnie de transport que ‘’j’ai été alerté de la présence des forces de l’ordre et des agents du District d’Abidjan venus déguerpir le site que nous occupons depuis 30 ans’’.

Selon le transporteur, les étals des vendeurs et autres kiosques attenants au parc à bétail de l’abattoir ont volé en éclats sous les coups des bulldozers qui ont ‘’détruisent tout sur leur passage’’.

‘’Les militaires qui sécurisaient l’opération ne nous ont pas permis de sauver nos marchandises’’, déplore-t-il dans un abcès de colère. ‘’On ne nous prévient pas et on vient tout casser. C’est méchant !’’, accuse M. Sawadogo.

Pour Ibrahim Gnassabo dit ‘’l’Américain’’, ce déguerpissement ‘’inattendu’’  leur cause ‘’d’énormes préjudices’’.

‘’Quand tu veux sauver tes biens, on te jette le gaz lacrymogène à la figure, pendant que tu te sauves, le bulldozer casse tout’’, souligne M. Gnassabo, responsable d’une gare routière sur le site qui en abrite, selon, une trentaine.

Des versions battues en brèches par Toé Seydou, président de la Coopérative des commerçants du bétail courtier de la région des Lagunes, selon qui, ‘’les déguerpis de ce jour ne sont pas des commerçants ou sont de mauvaise foi’’.

‘’Il y a une semaine, le responsable du District au niveau de l’abattoir (ndlr : le directeur de l’abattoir) a demandé, lors d’une réunion, à tous les commerçants de quitter cet espace qui sert de quai de déchargement de bétail pour regagner l’intérieur du parc où il existe encore des enclos vides’’, explique Toé Seydou.

Selon lui, outre les transporteurs qui y ont érigé des gares routières, les petits commerçants et vendeurs installés, obstruent le parc à bétail. Or, poursuit-il, bientôt c’est la fête de la Tabaski ‘’où les vendeurs de bétail affluent pour décharger leurs camions’’.

‘’C’est un mauvais procès qu’on tente de faire au District’’, souligne M. Toé, appelant ‘’ceux d’entre nous qui sont sur ce site de venir s’installer au parc où il existe près de 300 enclos non exploités’’.

Le directeur de l’abattoir, Dr Dagnogo, interrogé sur la question n’a pas voulu donner sa version des faits sans ‘’l’autorisation de sa hiérarchie’’, quand bien ‘’j’ai beaucoup à dire’’.

Joint au téléphone, un responsable du District d’Abidjan a déclaré sous l’anonymat que ‘’ces personnes ne payent pas de taxes au District. Et qu’à l’approche de la fête de la Tabaski qui est une période de grande concentration dans la zone, il fallait mettre de l’ordre et permettre aux vendeurs de bétail de mener, leurs activités en toute quiétude’’.

HS/ls/APA