Rappelant les circonstances pour lesquelles les  Nations Unies et la communauté internationale ont ouvert, en avril  2004, la page du maintien de la paix en Côte d’Ivoire, ‘’plongée dans  une impasse politique après plus d’une décennie de crise  politico-militaire’’, pour Aïchatou Mindaoudou, ‘’une opération de  maintien de la paix n’est pas destinée à tout régler dans le pays dans  lequel elle est déployée’’.

 La  Côte d’Ivoire, selon elle, après le retrait de la Mission, continuera à  ‘’faire face à des défis complexes qu’il faut relever pour consolider  les acquis du maintien de la paix dans les domaines de la cohésion  sociale, des droits de l’homme et de la justice transitionnelle, de la  réforme du secteur de la sécurité, de la démobilisation du désarmement  et de la réintégration y compris la gestion des armes et le désarmement civil’’.

 ‘’Il  en est de même de la défense, de la sécurité et du maintien de l’ordre.  L’accès à une information équilibrée et inclusive est également  nécessaire, c’est une des raisons qui sous-tend le transfert d’ONUCI FM  (ndlr : la radio de la Mission) à la Fondation Félix Houphouët Boigny  pour la recherche de la paix’’, a expliqué Mme Mindaoudou.

 Après  le départ de l’ONUCI, ‘’l’Equipe pays des Nations-Unies (UNCT), les  Agences, Fonds et Programmes, continueront à accompagner le Gouvernement  et le peuple ivoirien dans la pérennisation des acquis en matière  paix et de stabilité́’’, a rassuré la Représentante du Secrétaire  général de l’ONU qui a fait ses adieux, jeudi, au président ivoirien.

 ‘’L’ONUCI,  sans aucun doute, a obtenu des résultats qui lui valent aujourd’hui  d’être citée comme une « success story »’’, s’est-elle réjouie relevant  ‘’trois leçons essentielles’’ de l’expérience de l’Opération qui  pourraient, selon elle, s’appliquer dans d’autres ‘’contextes de  maintien de la paix’’.

 ‘’La première se  rapporte à l’importance du leadership du Conseil de sécurité des  Nations Unies. Le Conseil a donné un mandat politique fort au chef de  mission et a été très proactif dans l’ajustement approprié le cas  échéant, des mandats successifs de l’ONUCI afin d’éviter les  empiètements. Le Conseil a également soutenu les initiatives de  coopération intermission en Afrique de l’ouest ce qui a augmenté  l’impact stratégique et opérationnel des missions contiguës’’, a  expliqué Aïchatou Mindaoudou.     

Ensuite, l’existence d’une coalition de partenaires internationaux, constitue, pour Mme Mindaoudou, une ‘’leçon’’.

 Le  maintien de la paix, a-t-elle poursuivi, a des chances de réussir dans  des contextes où un ensemble de partenaires internationaux met tout en  œuvre pour atteindre un même objectif: ‘’la paix et s’assurer qu’il  existe un cadre politique incluant des mécanismes de responsabilité’’.

 ‘’Les  fondements du succès de l’ONUCI reposent sur les efforts de médiation  de l’Union africaine, le déploiement des troupes de la CEDEAO  transférées ensuite aux Nations Unies. Le succès de l’ONUCI est  également dû à l’important plaidoyer des femmes de la société civile de  l’Union du Fleuve Mano, le déploiement parallèle des forces françaises  et l’engagement des partenaires bilatéraux et multilatéraux’’, a reconnu  la fonctionnaire onusienne.

 Enfin, pour Aïchatou Mindaoudou, ‘’une  opération de maintien de la paix peut atteindre ses objectifs et se  retirer dans des contextes où le gouvernement hôte est un partenaire  responsable, déterminé à tout mettre en œuvre pour la satisfaction des  besoins essentiels de ses populations’’, insistant qu’aucune ‘’opération  de maintien de la paix ne peut se substituer à la volonté politique  nationale pour apporter des solutions durables aux causes du conflit’’.

 ‘’Pour  une mise en œuvre optimale de ses mandats successifs, la Mission a  constamment bâti son action sur l’engagement  et la détermination  résolus du Peuple et des autorités ivoiriens. Un investissement  collectif pour la paix qui a permis de tourner définitivement la page de  la crise et d’enclencher la dynamique pour consolider les acquis du  maintien de la paix, après le départ de la mission’’, a conclu Mme  Mindaoudou.

 

HS/ls/APA