De nombreux participants au Festival international de la culture et des arts de Daoukro (FICAD) en ont fait l’amère expérience. Paul Kadjo, infirmier de son état qui a débarqué, vendredi, dans la capitale de la région d’Iffou, a failli en venir aux poings avec le chauffeur de taxi qui l’a conduit à son hôtel.

‘’Arrivé à destination, je sors une pièce de 250 F pour régler le prix de la course. Grande fut ma surprise de voir le jeune conducteur me crier  dessus pour dire que cette pièce n’est pas valable à Daoukro’’, raconte M. Kadjo. Il s’en suit des échauffourées entre le chauffeur et le passager.

Le cas de cet infirmier n’est,malheureusement, pas isolé. A quelques mètres (ironie du sort) de la direction régionale du Trésor Public, une vendeuse de beignets refuse de prendre la‘’maudite’’ pièce que lui a tendue une jeune femme pour acquérir sa marchandise.

‘’Toi, tu vis à Daoukro avec nous,tu ne sais pas que la pièce de 250 F n’est pas acceptée ici ?’’, interroge la vendeuse. Un avis que partage Abdoul Mohammed, tenant une boutique au commerce. ‘’J’ai près de 50.000 F CFA en pièces de 250 F que je ne peux pas utiliser. J’ai décidé de ne plus en encaisser aussi’’, affirme-t-il.

Pourquoi cette pièce n’est-elle pas désirée dans les échanges commerciaux ? Au début, raconte Philippe Yéo, agent de bureau à la sous-préfecture, on mettait en cause les aspérités de la pièce. 

‘’Tantôt les gens disaient qu’elle était lisse, tantôt elle est fabriquée de façon artisanale (contrefaçon). Mais aujourd’hui, lisse ou pas, les commerçants la rejettent, systématiquement, au point que c’est devenu un réflexe. ’’, tente-t-il d’expliquer.

Même les banques commerciales, selon des témoignages, refusent, également, la pièce de 250 FCFA. 

‘’ J’avais réuni 12.500 FCFA en pièces de 250 FCFA que je voulais échanger à la banque. Sans même prendre la peine de voir les pièces, la caissière m’a rétorqué qu’elles sont lisses. Et je suis reparti avec cet argent que je garde encore’’, explique Mme Madeleine Affoué, enseignante.

Pourtant dans un communiqué en date du 20 septembre 2016 et face à la recrudescence du rejet de cette pièce, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) insistait que ‘’ la pièce de 250 F a cours légal et pouvoir libératoire sur le territoire de l’ensemble des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)’’. 

En dépit de cette mise en garde, lerejet de la pièce de 250 FCFA a la peau dure et continue de pénaliser les populations à Daoukro. Par mauvaise foi, selon un spécialiste monétaire.

HS/ls/APA