« Depuis le 11 janvier 2017, je ne suis plus le directeur général de la police. Je suis devenu un simple policier. La fonction est conférée par le chef de l’État. S’ils ont estimé qu’à un certain moment donné je ne fais pas leur affaire, on peut me démettre de mes fonctions » a-t-il expliqué.

 « Vous avez suivi la récente actualité en Côte d’Ivoire. Tous les chefs des grands commandements ont été démis. Ça n’a rien à voir avec la crise postélectorale», a précisé  l’Administrateur général de police à la barre de la CPI où il était entendu en tant que témoin de l’accusation dans l’affaire opposant l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo et son ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé au procureur de ladite juridiction.

L’ancien patron de la police ivoirienne qui commandait cette institution pendant la crise postélectorale ivoirienne  (novembre 2010 au 11 avril 2011) a été interrogé par le substitut du procureur Éric MC Donald sur le fonctionnement, l’identité des patrons et  les attributions des unités d’intervention ainsi que les moyens d’intervention des services de police sous son commandement durant cette période.

« La  Brigade anti-émeutes (BAE) est une unité à vocation de maintien d’ordre de même que la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et la Brigade d’intervention de la préfecture de police d’Abidjan-BIPPA.  La BAE avait des chars de maintien d’ordre, des pistolets et des revolvers. Il y avait quelques kalachnikovs,  mais seulement une dizaine que les troupes utilisaient pour la sécurisation de leurs casernes qui était régulièrement attaquée à cette période», a expliqué l’Administrateur général de police qui a également soutenu que la CRS et la BIPPA elles aussi ne possédaient que des pistolets automatiques, quelques kalachnikovs et des grenades lacrymogènes.

« L’ensemble des fonctionnaires de police n’avaient pas d’armes de poing», a fait savoir Brédou M’Bia. Plusieurs rapports de police datant de la période de la crise postélectorale dont les teneurs n’ont pas  été rendus publics, ont, par ailleurs,  été présentés au témoin par le procureur. Le général Brédou M’Bia  a reconnu sa signature sur certaines pièces et «s’est  dissocié de la forme et de la teneur» d’autres rapports de police.

« Dans l’exercice de sa fonction, le fonctionnaire de police est tenu de faire un compte-rendu a son supérieur hiérarchique, avant, pendant et après chaque mission. C’est ce que j’ai rappelé à mes collaborateurs dans ces notes circulaires», a indiqué M. Brédou s’agissant des documents dont il a endossé la crédibilité en date du 23 novembre 2010.

Deux autres documents datés de la même période, n’ont pas été reconnus par le témoin et ont fait l’objet de deux huis-clos  partiels de la cour qui a estimé que   lesdits documents peuvent faire courir au général Brédou des risques « d’auto-incrimination».

Après cet interrogatoire du  bureau du procureur, le général Brédou M’Bia sera entendu  par le conseil des prévenus.  L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé sont poursuivis devant  la Cour pénale internationale pour 4 chefs de crimes contre l’humanité (Meurtres, viols, autres actes inhumains, persécutions)  pendant la crise postélectorale ivoirienne de novembre 2010 à avril 2011. L’ancien chef d’État est détenu de la Haye depuis novembre 2011 et  l’ex-patron des « jeunes patriotes ivoiriens» y est depuis mars 2014.

PIGLB/ls/APA