Crise au MFA : Anzoumana Moutayé s’interroge si le faux peut triompher du droit

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Le président du Mouvement des forces d’avenir (MFA), Anzoumana Moutayé, a fait appel de la décision rendue, le mercredi 14 mars 2018, par le tribunal d’Abidjan, alors que ses ex-camarades tombés en disgrâce manœuvrent pour l’organisation d’un congrès, en vue d’introniser Ouattara Siaka comme le nouveau président du parti.

Selon des membres du Mouvement des forces d’avenir (MFA), tout est parti d’une convocation des membres du bureau politique, de manière irrégulière par Ouattara Siaka et son groupe, et ce, au mépris des textes du parti. « L’ordre du jour de cette réunion n’avait rien à voir avec les résolutions adoptées », rappelle –t-il.

Aussi, « ce petit groupe, en manque de publicité » aurait-il décidé de suspendre le président du parti, Anzoumana Moutayé, pour une durée de 90 jours, sans que celui-ci ait été entendu sur ce qui lui est reproché, ni fourni ses moyens de défense, comme le voulait le règlement intérieur du parti.

Un beau matin, par exploit d’huissier, ces résolutions seront portées à la connaissance du président du parti qui a aussi reçu communication de la liste des « prétendus membres du bureau politique » ayant participé à cette réunion.

Plusieurs irrégularités constatées

Grande fut donc la surprise de Moutayé de constater plusieurs « irrégularités ».

Primo : « Les noms de certaines personnes figurant sur cette liste n’ont pas participé à la fameuse réunion du prétendu bureau politique ».

Secundo : « Certaines signatures figurant en face des noms ont été falsifiées et reproduites plusieurs fois ».

Tertio : « Certains auraient signé p/o pour ordre ».

Quarto : «Les noms de certaines personnes n’étant pas membres du bureau politique y figurent ».

Pour lui, , le « faux » étant manifeste, il a dû saisir le Procureur de la République afin qu’une enquête soit diligentée sur ces faux et usage de faux.

Parallèlement, il avait saisi le tribunal pour statuer sur les mérites des résolutions de ce bureau politique litigieux.

Le président du Mouvement des forces d’avenir (MFA), Anzoumana Moutayé, ne s’avoue donc pas vaincu dans la bataille juridique engagée contre ses ex-camarades tombés en disgrâce et conduits par Ouattara Siaka.

Débouté, le mercredi 14 mars 2018 par le tribunal qui avait jugé les preuves insuffisantes après sa saisine, l’ex-ministre de l’Entrepreneuriat national, de la Promotion des PME et de l’Artisanat, a fait appel de cette décision, le lundi 19 mars 2018.

Lors des échanges qu’il a eus, le mercredi 21 mars 2018, avec certains membres de son parti, à Cocody, Anzouamana Moutayé a indiqué qu’il s’en remettait à la justice. « Je m’en tiens à la décision de la justice parce que nous lui faisons confiance. Et comme l’affaire est en appel, nous savons que ce sont des juges chevronnés. Ils vont mieux regarder le dossier », a-t-il déclaré, avant de marquer sa surprise face à la décision rendue. « J’ai été un peu surpris quand on me dit que je n’ai pas donné de preuves suffisantes. J’ai les textes du parti qui figurent dans le dossier. Tout le monde sait qu’ils ont fait du faux. Je m’en tiens à la justice pour qu’elle puisse reconsidérer la décision de première instance ».

Moutayé confiant pour la suite du procès

Elu président du MFA, le 12 avril 2015, au Congrès extraordinaire du parti, il est confronté à une dissidence depuis que son vice-président Ouattara Siaka et certains membres ont tenu une ‘’réunion du Bureau Politique’’, le 26 août 2017 pour, selon eux, le suspendre. Quelques jours après cette réunion qu’il qualifie d’irrégulière, il lui a été notifié, par exploit d’huissier, sa suspension du parti.

Dans cette bataille juridique, Anzoumana Moutayé est d’autant plus optimiste qu’il estime que les textes du parti plaident en sa faveur. Car comme il l’a souligné, il a assez d’arguments pour faire plier l’échine à la partie adverse conduite par son ex-vice-président Ouattara Siaka. Des irrégularités de la ‘’réunion du Bureau Politique’’ du 26 août 2017, il en a relevé assez. Il a mis quelques-unes en lumière pour éclairer la lanterne de tous.

Le Bureau Politique n’a pas compétence pour révoquer le président du parti qui est élu par le Congrès. Donc en considération du parallélisme de forme, c’est le Congrès qui l’élit qui peut le suspendre et éventuellement le remplacer et non une réunion du Bureau Politique.

L’ordre du jour de la réunion du ‘’Bureau Politique’’ du 26 août 2017 n’a rien à voir avec les résolutions qui ont été prises, donc contraire à la loi.

Enfin quand on veut suspendre quelqu’un, il faut l’entendre comme le prévoient les statuts du parti.

Les autorités de la police judicaire ont été saisies pour mener une enquête qui a permis de découvrir les irrégularités relevées plus haut. Par conséquent, « La réunion est irrégulière, donc les résolutions sont irrégulières. Nous avons aussi le droit de faire appel. Et si nous faisons appel, c’est parque nous avons foi en notre justice », a déclaré Moutayé, avant d’ajouter que « La décision du tribunal a fait l’objet d’un appel dont la durée a un effet suspensif. L’appel ramène les parties où elles étaient auparavant ».

Malgré l’appel interjeté par le président, le camp adverse veut tenir un Congrès ce week-end à Bondoukou, pour introniser Ouattara Siaka comme nouveau président du MFA. Les partisans de Moutayé ne veulent pas laisser passer ce qu’ils qualifient de forfaiture. Ils voient dans ces manœuvres, la main de certains dirigeants du Rassemblement des Républicains (RDR). Le Congrès annoncé pourra-t-il se tenir ? Le compte à rebours ne fait que commencer.

 

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