Egypte: l’étau se resserre autour des journalistes étrangers

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L’avertissement le plus sérieux est venu du procureur général égyptien. Ce dernier a publié un communiqué qui ordonne à ses services de « surveiller » les médias et les réseaux sociaux pour « appréhender ceux, au service des forces du mal, qui diffusent volontairement des informations mensongères de nature à porter atteinte à la sécurité et à l’intérêt de l’Etat ».

Il demande également aux services en charge des médias et des réseaux sociaux de rapporter au parquet toute « violation des chartes médiatiques ». La semaine dernière, le parquet général est allé encore plus loin en appelant les citoyens à participer à la chasse contre les médias et réseaux « agissant contre la sécurité nationale ». Il a publié une série de numéros de téléphones destinés à recevoir les dénonciations par appel, texto et message WhatsApp.

Accusations de « conspiration »

Des journalistes ont aussi fait l’objet de menaces ou de poursuites. L’Organisme général de l’information, chargé notamment de l’accréditation des médias et des journalistes étrangers, a accusé la BBC de diffusion d’un reportage « mensonger » sur la répression de la contestation.

La directrice du bureau de la chaîne britannique a été convoquée et la publication d’excuses a été exigée. Autrement, la situation de la BBC en Egypte « sera examinée ». Les télévisions égyptiennes se sont déchainées contre la chaîne britannique en présentant une jeune femme donnée comme « enlevée par la sécurité » dans le reportage. La jeune femme a démenti la BBC.

Les journalistes égyptiens ont eux aussi été pris pour cible. Un présentateur-vedette de la télévision étatique a ainsi été placé en garde à vue pendant quatre jours pour « diffamation du ministère de l’Intérieur ». Enfin, deux jeunes journalistes ont été arrêtés à Alexandrie alors qu’ils faisaient un reportage sur le tramway rénové pour « travail sans permis ».

Les accusations de « conspiration » contre l’Egypte ont été largement reprises par une bonne partie des médias égyptiens. Résultat, la défiance s’est installée à l’égard des titres de presse étrangers. Ce climat s’étend aux médias égyptiens, qui sont désormais aussi regardés avec méfiance par l’homme de la rue.

Faire un reportage télévisé dans la rue nécessite un permis préalable du ministère de l’Intérieur. Désormais, il vaut mieux être accompagné d’un officiel si on veut éviter un accès de colère d’hommes soupçonnant « une conspiration des forces du mal ».

 

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