Cet appui financier a pour objectif de « renforcer l’efficacité et la transparence dans la gestion des finances publiques et à consolider la tendance positive des indicateurs de fragilité, tout en maintenant une croissance forte, soutenue et inclusive ».  

Il devrait permettre la protection des dépenses en faveur des couches les plus vulnérables, la mise en place d’un système électronique de passation des marchés publics dans quatre ministères-pilotes, l’adoption et la mise en œuvre d’un plan d’apurement des arriérés dus par l’administration centrale à la Compagnie ivoirienne d’électricité.

La banque attend au terme de ce programme une réduction des délais pour la création d’entreprises qui passeront de quatre jours actuellement à trois jours en 2018, le renforcement du cadre réglementaire du foncier rural qui se traduira par une augmentation de plus de 50% de la délivrance des certificats fonciers et l’amélioration de la gouvernance du secteur cacao afin de garantir un revenu stable aux producteurs.

L’institution financière régionale exhorte l’Etat de Côte d’Ivoire à permettre « une répartition plus équitable des sources de la croissance afin de réduire sensiblement l’incidence de la pauvreté qui reste encore très élevée dans le pays », tout en renforçant la gouvernance du secteur de l’énergie et du café-cacao.

Elle invite également les autorités ivoiriennes à développer des chaînes de valeur pour améliorer le niveau de transformation des produits locaux, à assainir le secteur bancaire public et à réformer le foncier rural. 

«Le double choc fiscal (baisse des recettes budgétaires et hausse de la demande sociale)  pourrait compromettre la soutenabilité des gains économiques et sociaux des cinq dernières années, une situation susceptible d’être une source de menace pour la stabilité macroéconomique, voire pour la stabilité générale du pays », prévient la banque. 

La Côte d’Ivoire a réalisé des performances économiques remarquables ces cinq dernières années, portées par un taux de croissance annuel moyen de 9%. Cet appui de la BAD devrait permettre au pays déstabiliser sa croissance après la chute des cours du cacao. 

La chute des cours du cacao sur le marché international a affecté le budget de l’État ivoirien. Une situation qui a amené le gouvernement à réduire les dépenses publiques de 9%. Le Fonds monétaire international prévoit déficit budgétaire de 4,5% du Produit intérieur brut pour l’année 2017 et 3,75% pour l’année 2018.

Le programme d’appui à la gouvernance économique et à la croissance est une réponse de la banque pour soutenir les efforts du gouvernement ivoirien à « sauvegarder la dynamique de croissance de ces dernières années », conclut la note. 

PIG/apa/Ls/APA