L’armée congolaise ouvre le feu sur des réfugiés burundais, l’ONU réclame une enquête

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L’ONU et Bujumbura ont demandé samedi l’ouverture d’une enquête après qu’au moins 36 réfugiés burundais ont été tués par l’armée congolaise lors d’une manifestation dans l’est du pays, vendredi.

La mort d’au moins 36 réfugiés burundais dans l’est de la République démocratique du Congo (RD Congo), tués par l’armée congolaise alors qu’ils manifestaient vendredi 15 septembre au soir, a suscité samedi l’émoi des Nations unies et de Bujumbura, qui demandent des explications aux autorités du pays.

124 personnes ont également été blessées lorsque les Forces armées de la RDC (FARDC) ont tenté de disperser une manifestation de réfugiés burundais vendredi soir à Kamanyola, selon la version des faits rapportée par les autorités de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la RD Congo en proie à des violences depuis 20 ans. Un militaire congolais a aussi été tué.


Les FARDC ont voulu tirer « des balles en l’air mais ils ont été débordés par les jets de pierres », a déclaré à l’AFP Josué Boji, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur du Sud-Kivu. Selon lui, les réfugiés burundais – dont des demandeurs d’asile – exigeaient la libération de quatre des leurs, « expulsés vers leur pays d’origine » après avoir été arrêtés.

L’ONU demande l’ouverture d’une enquête

Selon les premières informations de la Mission des Nations unies en RDC (Monusco), la mort d’un officier congolais « a entraîné une escalade de la violence. En réponse, les forces de défense et de sécurité congolaises auraient ouvert le feu sur les manifestants de façon disproportionnée ». Le chef de la Monusco, Maman Sidikou, a avancé un bilan de 36 morts – contre 34 auparavant selon les autorités congolaises – en condamnant dans un communiqué « toute forme de violence entre communautés ».

Il a rappelé « l’obligation pour les forces de défense et de sécurité de ne recourir à la force qu’en dernier recours, en respect des principes de nécessité, proportionnalité et légalité, conformément aux standards internationaux » et « appelle les autorités à ouvrir promptement des enquêtes judiciaires ».

Les réfugiés burundais ont trouvé refuge dans une base de la Monusco car ils « ont été chassés comme des animaux par des Congolais toute la nuit », a témoigné un réfugié, disant craindre pour la sécurité ses compatriotes encore hébergés dans des familles congolaises. « Des éclaircissements sont nécessaires » sur les circonstances de cette « fusillade », a réagi le ministre burundais des Relations extérieures, Alain-Aimé Nyamitwe, sur son compte Twitter. Cet incident « nous rappelle que la gestion des camps de réfugiés doit se conformer pleinement aux conventions de Genève ».

Le Haut commissariat aux réfugiés a aussi demandé dans un communiqué « une enquête sur ce tragique incident » se déclarant « sous le choc et attristé ». L’institution onusienne précise qu’il a envoyé avec ses partenaires « des équipes à Kamanyola, dont du personnel médical, pour soigner les blessés ».

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« Persécution religieuse »

« J’ai vu des gens tomber, des hommes, des femmes et des enfants qui n’avaient aucune arme », a témoigné auprès de l’AFP un réfugié burundais. D’après d’autres témoignages recueillis par l’AFP, ces réfugiés affirment pour la plupart être victimes de « persécution religieuse » de la part du gouvernement burundais.

La majorité d’entre eux sont des adeptes de la prophétesse Zebiya, qui assure avoir eu des visions de la Vierge dans le nord du Burundi. Ils se sont réfugiés dans la ville congolaise de Kamanyola, frontalière du Burundi, en 2015, avec leur prophétesse après que la police burundaise eut tiré sur eux à Businde (nord du Burundi).

En 2013, près de 200 adeptes de ce groupe religieux avaient été condamnés par la justice burundaise à des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour « désobéissance civile ».

La RD Congo accueille 44 000 réfugiés burundais sur son territoire dont 2 005 à Kamanyola, selon le HCR.

Avec AFP

Première publication : 17/09/2017

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