Elue le 18 décembre 2016, député d’Oumé, après un premier échec en 2011, Virginie Aya Touré qui se décrit comme ‘’une battante’’, et ‘’proche’’ des populations. Mais, tout ne fut pas rose pour cette ex-secrétaire de direction à la défunte Energie électrique de Côte d’Ivoire (EECI) qui a décidé de partir ‘’volontairement’’, précise-t-elle, à la retraite, en 1992, après deux décennies de service.

‘’ Très proche des populations, parce que militante de plusieurs associations surtout féminines, je voulais me consacrer davantage à la vie associative’’, raconte-t-elle. Passionnée de la politique, Virginie Aya Touré dépose ses bagages au Rassemblement des républicains (RDR) en 1994 à sa création.

‘’Avant l’officialisation du parti,  ‘’ j’ai commencé par la mobilisation des femmes parce que c’est un domaine que je maitrise bien, en tant que responsable d’association’’, jusqu’à ce qu’elle intègre les instances de son parti après le congrès constitutif de juillet 1994, en qualité de membre du comité central et du Bureau politique.

Deux ans plus tard, à l’issue du premier congrès des femmes de son parti, Virginie Aya Touré devient 1ère vice-présidente chargée de la mobilisation dans le bureau de la présidente, Kandia Camara, l’actuelle ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Elle la succédera, d’ailleurs, à la tête du Rassemblement des femmes républicaines (RFR) au congrès de 2006.

‘’ La ministre Kandia a tracé les sillons du RFR. Nous n’avons que poursuivi ce qu’elle a commencé. Comme on a avait les élections présidentielles de 2010 en ligne de mire, nous avons axé notre travail sur la mobilisation des femmes pour porter notre président Dr Alassane Ouattara à la magistrature suprême’’. Mission accomplie pour cette mère de six enfants dont le célèbre styliste Gilles Touré.

 L’élection de M. Ouattara à la présidence de la République, convient-elle, est ‘’le premier aboutissement d’une longue lutte et je suis heureuse d’y avoir contribué avec les femmes du RDR’’, se réjouit Mme Touré selon qui ‘’mon élection à l’Assemblée nationale est le second aboutissement’’ de son combat politique.

‘’Ce n’était pas facile à Oumé qui n’est pas le bastion d’un parti politique comme on en connaît ailleurs. Ici, il y  a deux groupes ethniques, les Gban et les Gouro ainsi que deux groupes très majoritaires, les Baoulé et les Malinké. Ce qui fait d’Oumé, une zone convoitée par tous les partis politiques’’, confesse la députée de la IIIè République.

‘’En tant que fille de la région, j’ai commencé par la sensibilisation des parents. Pendant des années, je leur ai expliqué pourquoi et comment il faut faire la politique. La politique ce n’est pas la violence. J’ai parcouru villages et hameaux pour expliquer les idéaux de mon parti’’, se souvient Virgine Aya Touré.

 En reconnaissance de cet engagement politique, elle est nommée, en 2012, Présidente de la Fondation Petroci. ‘’ Ma proximité avec le social, a certainement, milité en ma faveur pour ce poste’’, nuance Mme Touré avec un brin d’humour. En cinq années, la Fondation, sous sa houlette, est ‘’ressuscitée’’.

‘’Le cahier des charges et les objectifs de la Fondation rejoignant ma vision de la politique, je suis  heureuse de servir mon pays à travers cette fondation. C’est le social, le bien-être des populations. Œuvrer au bien-être des populations’’, capitalise la députée d’Oumé.

Sous son impulsion, la Fondation Petroci a offert un centre de secours, entièrement, équipé au ministère de l’Intérieur, construit des centres de santé et établissements scolaires à travers le pays.

‘’Le centre de secours, nous l’avons terminé et équipé avant de le remettre au ministère de l’intérieur. A notre arrivée, on a trouvé le budget en place. Il fallait juste une volonté politique. Aujourd’hui, des pompiers y sont affectés et interviennent très rapidement sur l’autoroute du Nord en cas d’accidents. Ce centre de secours est à équidistance de Yamoussoukro, Abidjan et Gagnoa. C’est une fierté de la Fondation’’, se satisfait Mme Touré.

Sortir Oumé de sa léthargie est l’un des défis de la députée. ‘’ Comme on le dit, le député n’a pas de budget mais nous avons des idées et un carnet de relations pour apporter notre modeste pierre à la construction de la région’’, souligne-t-elle.

‘’L’accès à Oumé est difficile parce que le département fait partie des régions qui ne sont pas reliées par le bitume. L’autonomisation des femmes et la réinsertion des jeunes est un pan de mes objectifs car Oumé fait partie des greniers du pays. Il faut organiser les femmes pour leur autonomisation’’, explique Mme Touré, la deuxième d’une famille de neuf enfants.

HS/ls/APA