Le grand médecin du renouveau du CHU, Etienne Yao, un énarque retenu pour en être le directeur général, en avril 2015, suite à un appel à candidature lancé par le gouvernement ivoirien, a dû retrousser les manches pour faire le diagnostic et prescrire la thérapie nécessaire pour ‘’guérir’’ l’ancien hôpital annexe de ses maux.

Du renouvellement du plateau technique à la sécurité au sein du CHU en passant par les réformes administratives, les chantiers étaient immenses pour donner une fière allure au deuxième centre hospitalier universitaire du pays. ‘’En postulant à l’appel à candidature, nous avions notre idée de la gestion de l’hôpital et le cahier de charges en lui-même était un défi’’, souligne M. Yao.

Aux grands maux, grands remèdes, dit-on. Au CHU qui était dans une phase clinique avancée, le Directeur général procède au renouvellement de l’administration en nommant une femme à la tête du très névralgique service de recouvrement. Il prend, également, des mesures pour ‘’contrôler toutes les sources d’entrées de devises’’, souligne un médecin pédiatre sous le couvert de l’anonymat.

Le prétexte, des gratuités ciblées, qui ouvrait la porte aux fuites de devises, est levé. ‘’Désormais, seul le DG donne l’autorisation de bénéficier de la gratuité ciblée. Aussi, les sorties de poche de sang de la banque sang de l’hôpital sont désormais conditionnées  à la présentation d’un reçu d’hospitalisation’’, témoigne Marc Kouakou, un patient qui en a fait l’expérience.

L’élection et non la nomination comme par le passé du directeur médical scientifique du CHU, un poste stratégique dans le bon fonctionnement de la commission médicale de l’établissement ainsi que la coordination des activités médicales et paramédicales de la trentaine de chefs de service du centre hospitalier a renforcé ‘’la confiance entre l’administration et le personnel de l’hôpital’’, assure l’infirmier Pascal Yobouët.

L’heureux élu le Professeur Jean Marie Casanelli Distria, anciennement chef du service des urgences, fait l’unanimité au sein de ses pairs, souligne-t-on.

A la clôture de l’année budgétaire 2015-2016, le Centre Hospitalier Universitaire de Treichville réalise un excédant en recette de plus d’un milliard de franc CFA. ‘’C’est une première !’’, se réjouissent Roselyne Guéhi et Pierre Oula, fille et garçon de salle.

Le plateau technique sanitaire du CHU n’est pas en marge de ce ‘’renouveau’’ avec l’acquisition d’un nouveau laboratoire, avec des équipements de dernière génération après l’incendie qui a dévasté l’ancien laboratoire Jean Baptiste Mockey.

Le Centre d’Imagerie Médical du CHU, entièrement rénové et équipé à hauteur de 8,426 milliards FCFA,  compte aujourd’hui parmi les plus performants d’Afrique subsaharienne avec ‘’un scanner dernière génération, de 64 barrettes toutes options avec table télécommandée numérisée, 4 appareils de Radio Os-poumons numérisées, 2 appareils de radio mobile numérisées, 8 reprographes de films radiographiques numérisés et 5 échographes doppler couleur’’, indique un des laborantins.

Le dispositif sécuritaire, également, renforcé par une dizaine de caméras de surveillance, pour accroître l’efficacité des vigiles.

‘’Avant, certains malades se plaignaient de vols d’autres quittaient les salles d’hospitalisation en omettant de régler la note, au grand dam de la comptabilité de l’hôpital.  Aujourd’hui, c’est quasi impossible de rentrer ou sortir d’un bâtiment sans être intercepté par un vigile’’, révèle un agent recouvreur du CHU qui a requis l’anonymat.Il rapporte qu’en août 2016,  un vendeur de poches de sang qui ‘’approvisionnait  frauduleusement certains patients est pris la main dans le sac grâce à l’une de ses caméras et remis à la police qui a par la suite démantelé tout le réseau’’.

Si des progrès pour la réhabilitation du CHU sont à mettre à l’actif de la nouvelle administration tout n’est, cependant, pas rose. En effet, des services comme ceux de Pneumo- Phtisiologie (PPH) qui accueillent les patients souffrant  d’infections des voies  respiratoires basses et de dermatologie ainsi que de la maternité ont besoin d’être ‘’réanimés’’.  D’ailleurs, depuis mi-mai ce dernier service est fermé pour ‘’travaux’’.

‘’Nous attendons avec impatience notre tour de réhabilitation et d’équipement. La promesse a été faite et donc on attend la matérialisation afin que le CHU retrouve sa splendeur d’antan pour le bonheur de nos patients’’, espère un médecin d’un de ces services.

Ainsi le CHU se porterait mieux pour être ‘’l’hôpital de référence de la sous-région dans les années à venir’’, le vœu de l’administration Yao.

HS/ls/APA