Hormis le personnel de la juridiction, les journalistes accrédités par leurs organes, les témoins au procès, les justiciables et autres curieux, venus assister à l’audience ont été refoulés sans ménagement contrairement aux jours précédents où l’accès était libre. « Il n’y a pas de travail aujourd’hui. Revenez demain. Ce sont les ordres que nous avons reçu», fait savoir l’agent de police en service au grand portail de l’institution judiciaire.

 Policiers, gendarmes et gardes pénitentiaires sont visibles devant le tribunal quadrillant ainsi la zone. Le parking habituellement autorisé aux justiciables leur est refusé ce mardi. Dans la cour, « il est interdit de s’attrouper », rapporte un agent de police.

La grande salle d’audience devant abriter le procès est restée fermée jusqu’à 9h45 minutes. Avant d’y accéder, pour les journalistes et autres témoins inscrits sur une liste, devraient franchir trois autres niveaux de contrôle où ils sont soumis à une fouille minutieuse. C’est toutefois l’omerta au niveau des forces de l’ordre quant aux raisons qui fondent ce dispositif sécuritaire inhabituel.

Interrogé par APA, un officier de police s’est refusé à tout commentaire et à « demandé à ce qu’on s’en tienne aux contrôles auxquels nous sommes soumis». C’est finalement le président de la cour d’assises qui va briser le silence à l’entame de l’audience vers 10h30 minutes.

« Nous sommes devant une salle désespérément vide. L’audience est publique. C’est vrai qu’il y’a beaucoup de menaces. Mais il faut savoir allier l’impératif de sécurité et le caractère public de l’audience. Sinon ça va donner droit à d’autres interprétations. En tant que président des assises, je réitère mon appel au service d’ordre de laisser les gens venir assister au procès. C’est une audience publique», a recommandé le juge président Mourlaye Cissoko.

 Après cette consigne du président de la cour aux forces de sécurité, la salle d’audience a commencé peu à peu à retrouver son monde habituel. Ouvert fin janvier dernier puis suspendu, c’est mardi que le procès dit « des disparus du Novotel» a effectivement débuté.

L’ex-commandant de la garde républicaine ivoirienne, Dogbo Blé et 9 autres coaccusés (dont 2 civils) sont poursuivis pour « «séquestrations et assassinats», le 04 avril 2011 des Français Stéphane Frantz Di Rippel et Yves Lambellin respectivement, ex-directeur général de l’hôtel Novotel d’Abidjan, et ex-directeur général du groupe Sifca, du béninois Raoul Adeossi et du malaisien, Chelliah Pandian.

PIG/ls/APA