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Houphouët-Boigny ne voulait pas de l’indépendance de la Côte d’Ivoire : voici la raison

Il y a de cela 60 ans, jour pour jour, le père de la nation
ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, proclamait l’indépendance de la Côte
d’Ivoire. Ce que de nombreux Ivoiriens ignorent, notamment la nouvelle
génération, est que le premier Président de la République a fait cette
proclamation contre son gré.

En effet, à la suite de l’adoption, le 23 juin 1956, de la
loi-cadre Defferre donnant l’autonomie aux colonies africaines, une élection
territoriale est organisée en Côte d’Ivoire le 3 mars 1957, au cours de
laquelle le PDCI remporte une victoire écrasante. Houphouët-Boigny, qui
occupait déjà les fonctions de ministre en France, de président de l’Assemblée
territoriale depuis 1953 (ayant succédé à Victor Capri Djédjé) et de maire
d’Abidjan depuis novembre 1956, décide de placer à la vice-présidence de la
Côte d’Ivoire Auguste Denise, même s’il reste, pour Paris, le seul
interlocuteur de la colonie.

Le 7 avril 1957, le chef du gouvernement du Ghana, Kwame
Nkrumah, en déplacement en Côte d’Ivoire, appelle toutes les colonies d’Afrique
à prendre leur indépendance; Houphouët-Boigny lui rétorque alors : « Votre expérience est fort séduisante… Mais
en raison des rapports humains qu’entretiennent entre eux Français et Africains
et compte tenu de l’impératif du siècle, l’interdépendance des peuples, nous
avons estimé qu’il était peut-être plus intéressant de tenter une expérience
différente de la vôtre et unique en son genre, celle d’une communauté
franco-africaine à base d’égalité et de fraternité. »

Contrairement à de nombreux dirigeants africains qui
réclament une indépendance immédiate, Houphouët-Boigny souhaite une transition
en douceur au sein de l’« ensemble français » car, selon lui, l’indépendance
politique sans l’indépendance économique ne vaut rien. Aussi, donne-t-il
rendez-vous à Nkrumah dans dix ans afin de voir lequel des deux eut choisi la
meilleure voie.

Tout naturellement, il fait campagne pour le « oui » lors du
référendum pour la Communauté franco-africaine, proposé par de Gaulle le 28
septembre 1958. Seul le leader guinéen, Ahmed Sékou Touré ose dire « non »
préférant, à l’inverse d’Houphouët-Boigny, «
la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage ».

Malgré ce succès, la communauté franco-africaine s’écroule
peu de temps après, poussée par la fédération du Mali qui souhaite
l’indépendance. Le 7 août 1960, Houphouët proclame à contrecœur, l’indépendance
de la Côte d’Ivoire.

En dépit de tout, le père de la nation a gardé un lien très
étroit avec la métropole française. Ce qui a permis de faire de la Côte
d’Ivoire en Afrique de l’Ouest, un oasis dans le désert.

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